Le nouveau maccarthysme Le maccarthysme qui a sévi aux États-Unis entre 1950 et 1954 n’a jamais fini de renaître de ses cendres. Ce que René Girard appelait « le pétainisme américain » est l’expression d’un fond politique d’extrême droite permanent, parfois refoulé, souvent renouvelé, et aujourd’hui manifesté dans toute sa splendeur avec Donald Trump, Elon Musk, les Évangéliques et consorts. Les thèmes du nationalisme prioritaire ( America first ), de l’exclusion des boucs émissaires (les noirs, les migrants, les wokistes), du repliement sur des valeurs prétendues chrétiennes ( In God We Trust ), la croyance aveugle dans les vertus de l’argent, le goût immodéré du sacrificiel (actuellement, c’est la planète qu’on sacrifie en niant le réchauffement climatique), l’admiration pour un leader charismatique (en ceci, semblable à tous les fascismes), le complotisme comme menace obsédante, le détricotage des institutions démocratiques en utilisant les moyens démocratiq...
Les enfants du numérique Quels sont les produits qui attirent les consommateurs rassasiés d’aujourd’hui ? Essentiellement des objets qui transportent de l’immatériel, c’est-à-dire de l’information, des bits , des 0 et des 1, tout ce qui touche à l’informatique, aux ordinateurs et à l’Internet. Un peu difficile à assimiler pour les vieillards, l’informatique paraît un « jeu d’enfant » : voyez mon bébé avec son téléphone, il a tout compris. Poussez ici un nouveau petit soupir d’émerveillement. Dans leur incommensurable naïveté, nos contemporains tombent régulièrement en extase devant les prodiges des petits génies qui jouent sur leurs consoles. Il n’y a pourtant aucun motif à s’étonner. Tous les enfants du monde apprennent avec une désarmante facilité des codes autrement plus complexes qu’on appelle les langues. Pourquoi seraient-ils rebutés par des systèmes binaires pour la plupart, des langages élémentaires ? Un petit Indien d’Amérique apprend a...
Retour de la barbarie Pour comprendre l’état du monde aujourd’hui, il faut relire Jules César de Shakespeare. En particulier, les deux premiers actes. Le dramaturge montre parfaitement comment la tyrannie s’est installée à Rome, et comment les Romains se sont laissés tyrannisés (« servitude volontaire », dira La Boétie), acte I scène 3, 103-105 : Cassius . And why would Caesar be a tyrant then ? Poor man ! I know, he would not be a wolf, But that he sees the Romans are but sheep. CASSIUS. ─ Et pourquoi César serait-il un tyran ? Le pauvre ! Évidemment, il ne serait pas un loup S’il ne constatait que les Romains sont des moutons. Un peu plus loin, voici comment Brutus définit la tyrannie (II, 1, 18-19) : Brutus . The abuse of greatness is, when it disjoins Remorse from power. BRUTUS. ─ Ce qui distingue la grandeur de l’abus ...
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