La beauté s’enseigne-t-elle ? Comme le système tend vers l’efficacité (peut-être), on peut se demander s’il y a encore place pour une préoccupation aussi futile et dérisoire que la recherche de la beauté. Quid des enseignements artistiques ? En bonne logique, ils sont périphériques, ou tout simplement hors circuit. La musique et les arts graphiques sont marginaux au collège, facultatifs ou optionnels en lycée, autant dire qu’ils n’ont pas droit à l’existence. Leur enseignement hors les murs de l’école est toléré, à la condition expresse que cela n’entrave pas le travail scolaire. Combien d’enfants ont arrêté de prendre des cours de piano ou de violon pour pouvoir se consacrer aux sciences exclusivement ? Trop de travail, on ne peut pas mener plusieurs types d’étude en même temps, dit-on. Mais pourquoi, dans ces conditions, privilégier ce qui dégoûte ? Quel enfant oserait dire, devant un aréopage d’adultes convaincus du bien-fondé de leurs exigences, qu’il arrête de fai...