Désacralisation
La dérive
Avec la révolution des Lumières, les
humains se sont débarrassés des dieux et des superstitions. Du moins le
croient-ils. Notre époque, riche en complotisme et en mensonges cryptés, prouve
le contraire. Ils ont aussi prétendu se débarrasser de Dieu. Nietzsche a poussé
un petit couplet là-dessus. À la place des dieux, de Dieu, ils ont érigé
l’Homme dans toute sa splendeur sacrée, encensé par la
Proclamation solennelle de ses droits.
En même temps qu’ils ont poussé très loin la désacralisation, ils se
sont affranchis de ce qu’ils appelaient les tabous. Nous avons connu les
anarchistes, les nihilistes, nous subissons maintenant les libertariens. Il
était interdit d’interdire. Bravo, nous avons tenu nos promesses. La liberté
n’y a pas gagné grand-chose, mais le droit à l’effronterie, si !
Dans la grande lessiveuse de la désacralisation, l’Homme s’est retrouvé
sans le faire exprès, et le voilà lessivé, vidé de sa substance et de son sens.
Il suffit d’ignorer l’Homme dans sa sacralité, et vous pouvez déclarer qu’il
n’existe pas vraiment, l’envoyer dans des chambres à gaz, ou des Goulags, ou de
jolis centres de rééducation chinois.
Ces méthodes, assez lourdes, étaient propres au XXe siècle. À présent,
nous avons les transhumanistes qui rêvent de remplacer l’Homme par son clone
« augmenté ». Ils y travaillent d’arrache-pied. L’entreprise est en
bonne voie. Et il ne manque pas de nouveaux apôtres illuminés pour nous chanter
les louanges de l’IA. Cette espèce de génocide se passe sous nos yeux ébahis.
Ceux qui résistent, ou qui protestent, sont qualifiés de ringards, alors que
justement ils voient plus loin que les hallucinés de la Tech.
Nous sommes-nous trompés sur la désacralisation ? Quelle sacralité
ne fallait-il pas détruire ? Justement celle qui dit que l’Homme ne
doit pas être sacrifié. En somme, nous nous sommes débarrassés du sacré
sans nous débarrasser de la violence qui va avec. C’est la violence qu’il
fallait désacraliser. Et ça, personne ne l’a vu. Mieux, la violence a toujours
ses supporters, ses croyants et ses fidèles. L’erreur, ou le mensonge, ou tout simplement
la faute, risquent d’être fatals.

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