Enfance

 


Merveilleuse dépendance 

L’enfance est un paradis. C’est bien ainsi que nous nous en souvenons. Il faut donc qu’elle le soit un peu. Or, c’est l’âge de notre plus grande dépendance. Ceux qui nous rabâchaient, à longueur de jeunesse, « Quand tu seras grand... », voulaient nous convaincre de renoncer à ce confort, de lâcher prise, d’abandonner notre environnement rassurant, ils vantaient une autonomie qui ne les rendait pas heureux eux-mêmes et qui (peut-être) n’existe pas !

   La nostalgie de l’enfance est certainement liée à l’attachement que nous avons connu, que nous avons perdu, mais dont nous gardons le souvenir sensible. Faut-il, pour être adulte, se défaire de tous ses liens ? Les « autonomes détachés de tout », les petits individus selfiques qui fanfaronnent ne peuvent pas être sincères. Le tapage qu’ils font autour de leur soi-disant liberté est un peu trop fort, trop voyant. Le seul vrai bonheur c’est d’être contre sa mère et de ne penser à rien. Le bonheur est une soumission, une acceptation de nos liens, c’est le renoncement à notre autonomie. Tel est le sentiment d’apesanteur que procure l’abandon de tout. Ce n’est pas un état sans contrainte, mais plutôt la béatitude de se sentir recueilli. Le bonheur ne se trouve pas dans la lutte. Au contraire, il advient lorsque l’on cède. Le bonheur est peut-être le contraire de la liberté.

   Tous les amoureux savent ça !

 

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