Inclusif
Lui c’est elle
― Tu lui as parlé ? Qu’est-ce que tu
lui as dit ?
― Je lui ai dit que je l’aimais.
― Et comment a-t-elle réagi ?
On ne comprend qu’à la troisième question
que « tu » s’est adressé à une femme. Les pronoms « lui »,
« l’ » renvoient ici à une personne du sexe féminin. Quant à
« je » et « tu », ils sont parfaitement interchangeables
entre un homme et une femme. Nous n’avons de problème de genre (grammatical)
qu’à la troisième personne, c’est-à-dire quand cela ne nous concerne pas !
Faut-il y voir un sens ? Mais alors, lequel ?
Comment « l’écriture inclusive »
se débrouille-t-elle avec les pronoms personnels ? Personnels,
quand même ! Comment faire disparaître ce soi-disant « masculin qui
l’emporte sur le féminin » ? Je n’en connais pas le moyen. Sauf à
admettre que le masculin ne l’emporte sur rien : le masculin est neutre.
Il arrive, qu’on le veuille ou non, que le masculin contienne
le féminin. Pas seulement en grammaire, puisque,
« né d’une femme », le garçon garde toujours quelque chose de son origine
féminine.
Autrefois, cette dépendance déplaisait aux mâles : il fallait qu’ils affirmassent
leur droit à la différence. À
présent, les
filles s’en mêlent, elles ont droit, elles aussi, au droit à la
différence, et elles veulent changer la langue française. Pourquoi ne pas
aller jusqu’à dire : « celles et ceux qui accouchent... » ?
Avant la naissance de mes filles, j’aimais annoncer
que j’attendais un heureux événement. Et l’on me reprenait : « Tu
veux dire que c’est ta femme qui... ? » Mais non, moi aussi
j’attendais l’heureux événement. Et puis, j’étais le père !
Quand nous avons été enceint.e, ce fut une
grande joie. Ensuite, je me suis occupé de mes bébées avec autant de ferveur
que leur mère.
L’orthographe rectifiée ne changera pas les
machos en « sages hommes ». Compliquer les règles grammaticales ne
simplifiera pas les rapports entre elle et lui (ni les accords entre « lui
et lui »).

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