Masculinisme

 


« Un enfant si je veux, quand tu veux ! » 

La revendication libertaire des féministes, « Un enfant quand je veux, si je veux », a sans doute contribué, un peu, au soulagement des femmes oppressées par des siècles de machisme. La revendication a eu aussi pour conséquence d’éloigner un peu plus les pères de leurs enfants. Beaucoup ne demandaient pas mieux. Ainsi, au lieu de responsabiliser les hommes, on les a déculpabilisés. Et ils sont partis...

   Le slogan féministe des années 1970 était l’étendard des contestataires en faveur de l’avortement. Manière politiquement correcte déjà ! de dire : pas denfant si je n’en veux pas... La revendication paraissait « libératrice ». Jamais acquise, plutôt en recul actuellement, elle est toujours d’une actualité criante.

   Pour ma part, je me suis toujours posé la question et je parais bien seul à la poser de savoir comment les femmes faisaient les bébés toute seules. La revendication « si je veux, quand je veux » exclut, de facto, le géniteur. Bref, d’une revendication positive, on est tombé dans une démarche d’exclusion, de rejet, encore un droit acquis contre et non avec ses partenaires. Ceci a donné à cette campagne une allure guerrière quelle a toujours : « le combat des femmes », « la juste cause à défendre »...

   Quelle extraordinaire différence ce serait si le slogan était : « un enfant si je veux, quand tu veux » ! Version masculine de : « Un enfant si tu veux, quand je veux ! »

   Le plus surprenant dans cette aventure est la faiblesse, voire l’absence du point de vue masculin. Moi aussi, je rêve d’avoir un enfant, et j’en veux, et je ne peux pas le faire tout seul. Puisqu’il faut passer par le consentement de la génitrice droit que je ne lui conteste aucunement , je minterroge sur ma position d’outsider, un peu hors circuit, et je reste sans moyen. Je me rappelle encore qu’en 1970, pour pouvoir assister à la naissance de ma première fille, il a fallu que je fasse une pression insistante auprès du gynécologue accoucheur...

   Cette « exclusion du père » n’est pas récente. Elle a presque toujours existé. Les pères en ont, certes, tiré bien des avantages. Pas de responsabilité, les gosses, c’est l’affaire des femmes, et les abandons du foyer familial continuent comme avant, les mères se retrouvant seules et démunies. Doù vient que la revendication de paternité soit si peu audible ? Les associations Jamais sans mon Papa ou SOS Papa sont révélatrices du problème que je soulève. C’est, hélas, quand ils sont privés de leurs enfants, que les papas pleurent et protestent.

   Rapportés aux papas, le slogan « un enfant si je veux » paraît légitime, même si ajouter « quand je veux » est et sera toujours problématique.

   On compte, aujourd’hui, plus de 1 500 000 mères célibataires en France. Leur nombre a doublé en trente ans. On n’arrête pas le progrès. Si la revendication était d’égalité au départ, elle a lamentablement échoué. La proportion de pères célibataires, sur le total des familles monoparentales, n’est que de 15 %.

 

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