Réconciliation

 


Riches de nos ressemblances 

Après des millénaires de communautarismes, comment sortir de l’esprit tribal ? Comment abolir le désir de « séparatisme » ? L’esprit de « communauté », appelé aussi « préférence communautaire » (ou « préférence nationale », ou toute espèce de « préférence »), est un réflexe d’appartenance, une façon de créer de l’unité contre autrui. Il est le produit de la « libido d’appartenance » dont parle Michel Serres. Comment se libérer de ce mécanisme archaïque ? En visant plus haut, en regardant plus loin. Il s’agit de réaliser l’unité non pas contre les autres, mais avec les autres. Ce qui paraît être évident est en même temps une chose inconcevable pour la plupart des humains d’aujourd’hui (et d’hier). Cela implique la fin de l’imitation rivalitaire, la fin des comparaisons, des compétitions, des mises en concurrence. Nous allons devoir concevoir des jeux sans gagnants, sans médaille et sans podium. Il serait bon de généraliser ce que les Africains d’Afrique de l’Ouest appellent l’alliance à plaisanterie qui désamorce toutes les rivalités par le rire et la moquerie (jamais méchante). « Par la plaisanterie, tout peut se dire sans que les liens se brisent ; au contraire, ils se renforcent. » (Paul N’Da, Alliances à plaisanterie, 2017) Avant d’être contaminés par le football professionnel, certains amateurs, dans les villages africains, avaient coutume d’ajouter une règle à celles qui régissent ce sport. Quand un but était marqué, le tireur victorieux passait dans l’équipe adversaire, en échange d’un joueur moins bon ou moins chanceux, et l’équilibre de la partie était merveilleusement maintenu ! Un tel comportement a de quoi décevoir bien des hooligans fanatisés. Mais quelle sagesse, et comme la règle est facile !

 

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