Revue de presse

 


LE UN 

Le numéro 526 du journal LE UN du 18 décembre 2024 présente un bon résumé de « ce qui se dit » sur Jésus dans « les milieux autorisés ». Les intervenants vont de Daniel Marguerat et Erri De Luca, exégètes pointus et sincères, à des « mythistes » boudeurs comme Gérard Mordillat. Hormis les « exégètes sincères », chacun y va de « son » Jésus tour à tour révolutionnaire, socialiste, féministe, écologiste, et j’en passe. Il n’y a pas jusqu’à Victor Hugo qui ne soupire : « Quel malheur qu’il se soit mêlé de politique ! ». Or, Jésus ne s’est jamais mêlé de politique. C’est pour l’en avoir soupçonné que les Romains se sont fâchés tout rouge et n’ont pas hésité à le crucifier. Ce n’est pas autour de Jésus que les grands esprits se rencontrent.

   Plus on trouve en Jésus des ressemblances avec notre époque, plus on s’éloigne du vrai personnage qui fondamentalement n’est d’aucune époque. Plus on veut se l’approprier, plus il nous échappe. Et c’est pour cela qu’il dérange, signe que son « royaume n’est pas de ce monde ». Ramener Jésus à nos petites préoccupations est le plus sûr chemin vers l’aveuglement. D’ailleurs, Jésus n’a jamais prétendu aller au-devant de « nos préoccupations ». Il répondait toujours à côté de la question. Il n’allait pas spontanément vers les autres, il n’a eu de cesse de demander qu’on vienne à lui. Mais c’est cela justement que chacun renâcle à faire — sortir de sa zone de confort, c’est-à-dire de ses préjugés —, et comme « le jeune homme riche » après l’avoir rencontré, chacun repart chez soi tout attristé.


   Jésus questionne notre désir.  Sommes-nous assez insatisfaits pour aller à lui ?

 

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