There is a world elsewhere
Toutes les cultures
se rassemblent, plus qu’elles ne
se ressemblent. On ne connaît pas de civilisation sans langage, sans musique,
sans danse, sans théâtre, sans art graphique, sans art du costume et du grimage. Les
instruments peuvent varier, l’esthétique est changeante d’une région à l’autre,
mais les activités sont les mêmes, fondamentalement, et surtout le besoin est
identique, partout.
On
peut connaître un certain dépaysement à l’approche de sonorités nouvelles, de
rythmes inconnus, mais la sensibilité s’éduque et les frontières peuvent vite
être ignorées. Mes premières impressions des tam-tams africains, quand je suis
arrivé au Sénégal, ont été confuses. D’un seul coup, j’ai eu peur de ne jamais
me reconnaître. Aujourd’hui, j’écoute indifféremment Mozart et Sidiki Diabaté.
De même, mon ancien élève sénégalais avec lequel j’ai coécrit un libre scolaire*
dans les années 1980, m’avait avoué sa frayeur à la découverte de Vivaldi. Et
quand je lui ai demandé comment on pouvait avoir peur de Vivaldi, il m’a
simplement répondu : « C’est que je commence à y rendre goût ».
Si
je ne me sentais pas comme invité à danser sur la musique des
« autres », il me semble que mon humanité serait incomplète, pauvre
et triste.
* Elsewhere in Africa, chez Hatier.

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