École et désir
Le Maître des désirs
« On ne peut pas commencer à enseigner sans susciter le désir ! »
Michel Serres, Cahiers pédagogiques, 1988.
Certainement influencé par Michel Serres, et René Girard aussi, j’ai orienté mon enseignement, dès les années 1980, vers le désir comme moteur de l’apprentissage, comme son vecteur, comme support de ma pédagogie. Cela a conduit, en 2001, à la publication de mon essai Le Maître des désirs. Extrait :
La « motivation », ainsi qu’on la nomme, paraît bien falote : une espèce de sous-produit. Le désir est noble et beau, comme est noble et belle la maîtrise, si elle n’est pas un simple empêchement, mais au contraire une forme haute de la conscience de soi. Le désir a presque toujours été lié à l’interdit. Quand il ne l’a pas été — dans les débordements plus ou moins rousseauistes des post-soixante-huitards, par exemple ̶ ses effets ont quand même été désastreux. Car le désir ne résiste ni à l’interdit ni à l’ignorance. Il ne doit s’allier qu’à la conscience. Il est alors le privilège, et probablement un des rares, de l’adulte seul. C’est plus qu’une chance, c’est un honneur à revendiquer. C’est sans doute la seule chose qui justifie vraiment le beau titre de « maître », supérieur en cela à celui de professeur. C’est dans cette pleine et heureuse conscience de soi qu’on peut désigner le désir comme le maître-mot du maître.
À la suite de ma publication, j’ai envoyé un exemplaire de mon essai à
Michel Serres, qui l’a apprécié et qui m’a fait part de son intérêt. Heureuse
rencontre qui a été suivie de quelques autres, trop rares hélas.

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