Féminisme sacrificiel
Les combattantes
« La femme est l’avenir de l’homme »,
chantait le poète. Je suppose qu’il sous-entendait que la grâce féminine, la
sensibilité du beau sexe, la fragilité des femmes, leur « nature »
qui les conduit à donner la vie plutôt qu’à la prendre, l’empathie spontanée
dont on les croit douées, toutes ces belles qualités viendraient à bout de la
violence imbécile des machos et signeraient la fin de leur règne injuste depuis
plusieurs millénaires. Voire ! Quand elles sont au pouvoir, les femmes ne
valent guère mieux que les hommes. De Catherine II de Russie à Margaret
Thatcher, en passant par Golda Meier et Indira Ghandi, les femmes qui ont exercé
un réel pouvoir se sont comporté aussi lamentablement que leurs pairs
masculins. La « masculinité » n’est pas le problème, c’est le pouvoir
qui corrompt, c’est tout. Et quand, à présent, les nouvelles féministes
déclarent la guerre aux hommes, avec leurs armes, quand elles prétendent
« prendre le pouvoir » qu’on leur a injustement dénié depuis l’aube
des temps, elles perpétuent exactement ce qu’elles veulent combattre. Elles
entrent dans un cercle vicieux dont elles ne sortiront jamais. La violence est toujours
mimétique.
Il n’y a
pas de « combat juste ». La justice idéale entre les sexes passe donc
moins par une prise du pouvoir par les femmes que par une déprise du
pouvoir par les machos. Pour « réussir une révolution », il ne faut
pas armer le peuple mais, au contraire, désarmer les citoyens. Sinon, à la
révolution succède, immanquablement, la tyrannie. Les exemples sont partout.
Il faut,
comme dirait Michel Serres, que le dur cède la place au doux. C’est
par l’éducation des garçons qu’il faut commencer. Ce n’est pas en multipliant
les droits des femmes que nous pourrons calmer la violence qu’elles subissent,
mais en diminuant drastiquement les droits des hommes. Cela paraît aller à
l’encontre du progrès (synonyme de toujours plus de droits pour tout le monde).
C’est pourtant la plus belle révolution dont on puisse rêver.

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