Pauvre I.A.
L’I.A. complètement hors d’usage
Quels sont les vrais défis
d’aujourd’hui ? On peut les rassembler sous le terme générique de
« guerres ». Guerre militaire (en Ukraine, à Gaza, au Soudan),
guerre économique (entre Trump et l’Europe, entre Trump et Xi, et leurs
laquais), guerre médiatique (avec Musk, Zuckerberg, Huawei et les
hackers russes). Quoi de nouveau en ce deuxième quart du XXIe siècle ?
Rien, la guerre est la pratique la plus ancienne que connaisse l’humanité
depuis qu’elle a figure d’humanité.
Que
nous proposent les « futurologistes » pour sortir de cette impasse
antédiluvienne ? Toujours rien. Ils comptent sur l’I.A. pour
« prendre les bonnes décisions ». Or, s’il y a une chose dont on peut
être sûr, c’est que l’I.A. ne nous sortira jamais de notre bourbier. Pour la
raison très simple que l’I.A. rassemble tout le savoir acquis, ou généré, par
l’Homme depuis qu’il est capable de laisser des traces écrites. Comment les
connaissances héritées du passé pourraient-elles nous guider vers une solution
qu’il s’agit d’inventer !
Pour sortir de la guerre perpétuelle, les intelligences artificielles ne
nous offrent que deux alternatives puisées dans notre sottise atavique. Première
alternative : la riposte, les représailles, la « réponse
proportionnée », donc la vengeance. Œil pour œil, dent pour dent : c’est
la loi du Talion, telle qu’énoncée dans le livre de l’Exode, deuxième
livre de la Bible, rédigé au VIIe siècle avant Jésus-Christ. Ça n’est
pas tout frais. Deuxième alternative : la diplomatie, elle aussi vieille
comme le monde, réactualisée par des hommes de bonne volonté comme Emmanuel
Macron, ouvrant le dialogue entre les puissances belligérantes. Je crains que
l’impuissance ne soit la face honteuse des puissances, surtout quand elles
discutent.
Sur
les guerres, on ne peut plus compter. Depuis la deuxième Guerre mondiale, elles
ont toutes été perdues : au Vietnam, en Afghanistan, en Irak et ailleurs. Nous
proposer une « guerre nouvelle », électronique, spatiale, rébellions
sporadiques, djihad ? Cela ne changera rien au résultat. Quant à la
diplomatie, elle permet de limiter les dégâts, mais généralement, elle consiste
en des pourparlers entre « intérêts réciproques », c’est encore une
guerre, même à moindre coût.
Il
est clair que dans la voie de l’Apocalypse où les « Princes de ce
monde » se sont engagés, l’I.A. n’y voit, littéralement, que du feu
─ ce qui est
parfaitement conforme à sa vocation.
Pire, au fur et à mesure que l’I.A. se développe, elle se nourrit de ses
propres productions. Il s’agit donc d’une génération endogène qui ne peut, in
fine, que donner naissance à des monstres. Nous ne sortons jamais du même
labyrinthe.
Que
reste-t-il à faire ? Relire l’Apocalypse, le livre de Jean. Et avec
lui, tous les textes du Nouveau Testament. Ils nous apprennent qui sont
les vraies victimes. Si nous lisons bien les textes, nous nous retrouverons sûrement
du côté des victimes. Il ne nous reste plus qu’à porter témoignage,
c’est-à-dire précisément à être victimes, à être du côté des victimes,
ou à côté des victimes. On dit aussi « être martyrs ». Au moins
savons-nous que notre témoignage ne sera jamais perdu, et il ne faudra sans
doute pas des siècles pour qu’il soit reconnu. Comment le
savons-nous ? Tout simplement parce que la révélation (par le
truchement de René Girard) nous a appris que désormais le sacrifice est
inutile, il n’a plus prise. Les « Princes de ce monde » s’épuiseront
plus vite que les témoins vrais. Ils sont déjà à bout de souffle.
Comment garder l’espérance ? Je ne sais pas. Nous vivons un
interminable Vendredi saint, nous avons consommé notre capital de sacrifices,
et rien ne prouve que nous ressusciterons dimanche !

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