Shakespeare

 

La justice de Venise 

Shylock. What judgment shall I dread, doing no wrong?
 You have among you many a purchased slave,
 Which, like your asses and your dogs and mules,
 You use in abject and in slavish parts
 Because you bought them. Shall I say to you
“Let them be free ! Marry them to your heirs !
 Why sweat they under burdens ? Let their beds
 Be made as soft as yours, and let their palates
 Be seasoned with such viands” ? You will answer
 “The slaves are ours !” So do I answer you :
The pound of flesh which I demand of him
 Is dearly bought ; ’tis mine and I will have it.
 If you deny me, fie upon your law :
 There is no force in the decrees of Venice.
 I stand for judgment. 
Answer : shall I have it ?
 

 

SHYLOCK. – Quel jugement devrais-je craindre 

     si je n’ai fait aucun mal ?

Vous possédez beaucoup d’esclaves

Que, comme vos ânes, vos chiens et vos mulets,

Vous employez à des tâches abjectes et serviles,

Parce que vous les avez achetés. Si je vous dis :

« Libérez-les ! Mariez-les à vos héritières !

Pourquoi suent-ils sous les fardeaux ? Donnez-leur des lits

Aussi moelleux que les vôtres, et que leurs palais

Goûtent les mêmes viandes ! », vous allez me répondre :

« Ces esclaves sont à nous ! » Alors, je vous réponds :

La livre de chair que j’exige de lui

Je l’ai cher payée. Elle est à moi, et je l’aurai.

Si vous me contestez cela, je me moque de votre loi :

Les décrets de Venise n’ont aucune force.

Je réclame justice. Répondez : l’obtiendrai-je ?

 

                                           Le Marchand de Venise, IV, 1, 90-105.

 

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