État de l’homme
Responsables ensemble
« Ce que vous faites au plus petit
d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites », dit Jésus
(Matthieu 25, 40). On a généralement tendance à interpréter cette phrase comme
une invitation à la charité. En gros : un bienfait n’est jamais perdu.
Cela est juste. Mais avec les propos de Jésus, il faut toujours
retourner la phrase et voir son contraire pour la comprendre complètement. Simone Weil disait justement, dans La Pesanteur et la Grâce : « Méthode
d’investigation : dès qu’on a pensé quelque chose, chercher en quel sens
le contraire est vrai. » L’inversion du propos de Jésus est
redoutable. Traduisons : tout le mal que vous faites au plus petit
d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. Le mal au sens large,
l’injustice, la souffrance infligée, l’insulte, la calomnie, toute expression
de la haine (notre quotidien) est une faute contre le Créateur. On comprend
pourquoi les modernes se sont débarrassés de Dieu, c’est pour avoir les mains
libres et torturer, faire mal, en toute impunité. Ils se sont surtout
débarrassés d’un juge encombrant, et par le fait, ils se sont débarrassés de
leur conscience.
Je ne crois pas ce que nous ayons gagné en
humanité.

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