Le monde en quenouille

 

Monnaies privées 

Les cryptomonnaies sont tout sauf de l’argent virtuel. Elles coûtent même très cher à la planète. À lui seul, le bitcoin dépense en électricité environ 165 Twh/an, utilise 1 650 milliards de litres d’eau, 2,9 millions de dispositifs informatiques dédiés, et produit 96 millions de tonnes de CO2 dans le but de générer et de contrôler la technologie de la blockchain*.

   La création des monnaies privées, en 2008, n’avait d’autre but que de permettre à des spéculateurs de spéculer en toute impunité, puisqu’ils sont à l’abri des règles internationales. D’ailleurs, ils sont à l’abri de toute règle. Par opposition aux monnaies souveraines qui sont garanties par les états émetteurs (ou groupes d’états comme l’UE ou la BCEAO), les monnaies privées n’obéissent qu’aux « règles » incertaines de la spéculation (celles de l’envie et du mimétisme le plus primaire). Très recherchées, elles nourrissent leur valeur de leur recherche même. La demande crée la valeur. Sa rareté augmente la demande**. À terme, les monnaies privées visent à remplacer les monnaies nationales comme l’économie entrepreneuriale, chère à Musk et aux libertariens, vise à remplacer les états, les pays, les communautés nationales (comme l’UE), au nom d’une prétendue efficacité supérieure qui reste à démontrer***.

   Ce remplacement des états, avatar du « dépérissement de l'État », concept marxiste conçu par Engels, est une mise en scène pour que les gros bonnets accaparent insidieusement le monde capitaliste, comme les mafieux ont déjà accaparé la Chine « communiste », la Russie poutinienne, l’Iran des Ayatollahs, et autres dictatures. La privatisation du monde consiste à le priver de lois, de règles et de morale. Et il y en a qui trouvent ça génial (‘a good job’, en américain).

 

* Source :  [1] Delahaye, Jean-Paul. «Bitcoin : une consommation électrique comparable à celle de la Pologne», polytechnique-insight.com, 30 octobre 2024. 

** Valant à l’origine 0,001 $, le bitcoin a dépassé aujourd’hui les 90 000 £. À qui profite le crime ?

*** Wall Street n’a pas été très brillante depuis l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche.


 

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