Shakespeare
« L’amour
au premier regard »
Par la bouche de Rosalinde dans As
You Like It, V, 2, 28-40.
Rosalind. There was never anything so
sudden, but the fight of two rams and Caesar’s thrasonical brag of “I came,
saw, and overcame.” For your brother and my sister no sooner met, but they
looked ; no sooner looked, but they loved ; no sooner loved, but they sighed ;
no sooner sighed, but they asked one another the reason ; no sooner knew the
reason, but they sought the remedy : and in these degrees have they made a pair
of stairs to marriage, which they will climb incontinent, or else be
incontinent before marriage. They are in the very wrath of love, and they will
together : clubs cannot part them.
ROSALINDE. – On n’a jamais
rien vu de si soudain, sauf le combat de deux béliers et la fanfaronnade de
César : « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. » Car votre frère
et votre sœur ne se sont pas plus tôt rencontrés qu’ils se sont aperçus, à
peine aperçus, ils sont tombés amoureux, à peine amoureux, ils ont soupiré, ils
ont à peine soupiré qu’ils s’en sont demandé mutuellement la raison, à peine en
ont-ils compris la raison qu’ils en ont cherché le remède, et ayant fait une
échelle de ces arguments, ils en ont gravi deux marches qui les conduisent
incontinents vers le mariage au risque d’être incontinents avant le mariage.
Ils sont en plein emballement de l’amour et veulent être réunis au plus tôt. On
ne pourrait pas les séparer à coup de bâtons !

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