Shakespeare

 


 

                            Sonnet 146

 

Poor soul, the centre of my sinful earth,
... ... ... these rebel pow’rs that thee array,
Why dost thou pine within and suffer dearth,
Painting thy outward walls so costly gay ?
Why so large cost, having so short a lease,
Dost thou upon thy fading mansion spend ?
Shall worms, inheritors of this excess,
Eat up thy charge ? Is this thy body’s end?
Then soul, live thou upon thy servant’s loss,
And let that pine to aggravate thy store ;
Buy terms divine in selling hours of dross :
Within be fed, without be rich no more.
   So shall thou feed on death, that feeds on men,
   And death once dead, there’s no more dying then.
 

 

Pauvre âme, placée au centre de mes péchés,

[Abreuvée] de désirs dissidents et puissants,

Pourquoi gémir en secret et crier famine,

Quand tu peins, à grands frais, tes murs de couleurs vives ?


Et pourquoi tant de frais, quand ton bail est si court,

Pour une résidence à ce point défraîchie ?

Les vers, héritiers de tes excès, viendront-ils

Dévorer ton magot, et ton corps avec lui ? 


Ô, âme ! nourris-toi de ce que je dissipe,

Ma souffrance viendra grossir ton capital ;

Rachète-toi en vendant mes heures impures,

Pour que ton cœur soit plein, renonce à la richesse.


La mort, mangeuse d’hommes, sera ta pitance ;

Et que meure la mort afin que nul ne meure.

 

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