La Révélation

 

 

Quelle Apocalypse ?


L’Apocalypse n’existe que pour ceux qui y croient. C’est vrai que le XXIe siècle nous a jetés dans quelque chose qui y ressemble, mais pour autant, sommes-nous vraiment déjà dedans ? Il est curieux de constater que ceux qui proclament la venue de l’Apocalypse, comme un événement « à venir » sur le point de se réaliser, sont aujourd’hui les libertariens, les conservateurs, les réactionnaires, bref, tous ceux qui regardent d’abord derrière eux. L’Apocalypse ne serait donc pas une « prévision » mais une « révision ». Ou pour le dire autrement : elle est un retour de l’archaïque. L’invraisemblable régression que nous proposent les Trump, Musk et autres « visionnaires », ou les rêveurs d’empires comme Poutine ou Xi, n’est que la justification de la casse qu’ils opèrent sur la planète : casse écologique, casse sociale, casse économique, casse morale… Comme s’ils voulaient revenir au « chaos d’avant », le big bang originel, avant la Fondation du monde. Cela est très prétentieux de leur part (la modestie n’est pas leur fort), mais surtout cela est complètement faux. De la casse générale, quelques-uns espèrent tirer quelques bénéfices
ce qui n’est absolument pas prouvé. Et tant pis pour les « cassés » du jeu de massacre abandonnés en route.

   En se rapportant à la source, c’est-à-dire aux textes du Nouveau Testament, le débat prend un autre éclairage. Au lieu d’aller recherche dans saint Jean et sa Révélation, intéressons-nous plutôt à saint Paul et sa deuxième épître aux Thessaloniciens. Une citation un peu longue mérite la lecture.

   « Ne vous laissez pas trop vite agiter l’esprit ni alarmer par des paroles prophétiques, des propos ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le Jour du Seigneur* est déjà là.

   « Auparavant doit venir l’apostasie** et se révéler l’Homme impie, l’Être perdu, l’Adversaire, celui qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu’à s’asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu. […] Dès maintenant, oui, le mystère de l’impiété est à l’œuvre.

   « Sa venue à lui, l’Impie, aura été marquée par l’influence de Satan***, de toute espèce d’œuvres de puissance, de signe et de prodiges mensongers, comme de toutes les tromperies du mal, à l’adresse de ceux qui sont voués à la perdition pour n’avoir pas accueilli l’amour de la vérité qui leur aurait valu d’être sauvés. »****

 

* La fin des temps.

** Reniement de la foi chrétienne.

*** Représentant des Princes de ce monde.

**** Deuxième Épître aux Thessaloniciens, 2, 2-10.

 

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