Toutes les voies de la haine
Waco, Texas, 15 mai 1916.
Racismes
J’ai toujours été sceptique devant une
expression telle que « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme »,
comme s’il y avait des nuances de ségrégation au sein du racisme en général, comme si la haine
contre les personnes d’origine sémite était une haine différente de celle
exercée contre, mettons, les Noirs. Une telle expression introduit une
discrimination entre les discriminations. Quelle inégalité veut-on introduire entre
les victimes ? Y aurait-il des « races » contre lesquelles on
risque d’être plus raciste que contre d’autres ? J’avoue que j’y perds mon
sens de l’universalité. Quand je vois (par le truchement des médias) un Noir
lynché, un Juif tabassé, un Arabe insulté, si je ne crains pas pour moi aussi,
c’est qu’il manque à ma conscience sa composante universelle.
Les racismes ont eu tendance à se multiplier, au point qu’on n’a plus
assez de mots pour les désigner. Alors, par commodité, on utilise le suffixe -phobe.
Homophobe, russophobe, tout-ce-que-vous-voulez-phobe. Pour ne pas dire
anti-arabe, on dit islamophobe. Je connais beaucoup de musulmans qui ne sont
pas arabes. Et puis l’islam n’est pas une « race ». C’est du grand
n’importe quoi.
Comment nommer la haine qui s’exerce contre l’origine d’une personne,
contre sa naissance, contre sa langue, contre sa religion ? Appelons-la
« méchanceté », « rivalité », « hostilité »,
« malveillance », « bassesse morale », les mots ne manquent
pas.

Qu'on me corrige si je me trompe, mais le suffixe "-phobe" signifie "la peur de"; je viens d'interroger ChatGPT : "Le suffixe -phobe vient du grec ancien "phobos" (φόβος), qui signifie "peur" ou "crainte". "
RépondreSupprimerLes machintruc-phobes ont peur de quoi ?
Je crois que c'est L. Sédar Senghor qui a écrit "les racistes sont des gens qui se trompent de colère". Alors aidons-les à résoudre leur(s) conflit(s) intérieur(s)... mais comment ?