L’abomination
Bassesse du pouvoir absolu
L’individu qui se prend actuellement pour le
Président des États-Unis collectionnait déjà un beau chapelet de défauts.
Tricheur, menteur, falsificateur, harceleur sexuel, fraudeur du fisc et
malhonnête en affaire. Il est aussi vaniteux, prétentieux, méprisant, imbu de
sa personne, pervers narcissique, passablement débile avec son vocabulaire de
cinquante mots. Il se prend pour Dieu lui-même sans provoquer de fou rire dans
son entourage. Il ne sait pas négocier ni s’entendre avec quiconque mais il
veut jouer les médiateurs dans des conflits auxquels il ne comprend rien. Il
n’a aucune empathie ─ il s’en remet à sa femme ─, mais il revendique hautement le
prix Nobel de la paix. Il est inconséquent, et il adore suspendre le monde à
ses indécisions. Il promet n’importe quoi, il ne tient pas ses promesses (il
les oublie aussi vite qu’il les a prononcées), et il ne reconnaît aucun de ses égarements.
Faux jeton, il accuse tout le monde de ses propres erreurs. Il s’est entouré
d’une équipe de faussaires qui lui fabriquent sa story, c’est-à-dire sa
propagande comme aux pires temps du stalinisme. Il a semé une telle
« sainte terreur » autour de lui que personne n’ose lui dire qu’il
est ridicule, odieux, et totalement irresponsable. Il peut humilier, chez
lui, un Président étranger invité, et cela le fait rire ! Il en vient
à présent à calomnier un ancien Président américain élu avant lui et avec
lequel il n’est absolument pas en rivalité. Il s’agit d’une vengeance
personnelle contre une attaque qu’il n’a pas subie. Le procédé est immoral,
indigne. Il ajoute ainsi à son ignominie coutumière la bassesse morale la plus
ostentatoire…
Et
« le monde », les journalistes, les commentateurs
« autorisés », les badauds et les gogos des rézo socio, restent
stupéfaits, en état de sidération, médusés (par le regard de cette Gorgone à moitié
chauve), comme aveuglés par un éclair virtuel déclenché par un Jupiter de
cirque ! Qu’est-ce qui est le plus affligeant ? La sottise du roi ou
l’impotence de ses sujets ? Qui peut rester fataliste devant ce spectacle
répugnant ? Car il n’en va pas seulement de l’image (entretenue) du clown
présidentiel, il en va de la démocratie elle-même, traînée dans la boue. Il en
va du sens que nous donnons à la civilisation. Ni plus ni moins.
Et dire
qu’il reste encore trois ans et demi à ce pitre pitoyable pour descendre un peu plus bas dans
l’échelle du déshonneur et de l’abjection !

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