Shakespeare
Confession d’Hélène parlant de son amour pour Bertrand : elle s’adresse à sa rivale.
Helen. I know I love in vain, strive against
hope ;
Yet, in this captious and intenible
sieve,
I still pour in the waters of my
love,
And lack not to lose still. Thus,
Indian-like,
Religious in mine error, I adore
The sun, that looks upon his
worshipper,
But knows of him no more. My dearest
madam,
Let not your hate encounter with my
love,
For loving where you do : but, if
yourself,
Whose aged honour cites a virtuous
youth,
Did ever, in so true a flame of
liking,
Wish chastely, and love dearly, that
your Dian
Was both herself and Love : O !
then, give pity
To her, whose state is such, that
cannot choose
But lend and give where she is sure
to lose ;
That seeks not to find that her
search implies,
But, riddle-like, lives sweetly
where she dies.
HÉLÈNE. – Je sais que j’aime en vain et me bats contre
l’espérance ;
Et pourtant, à travers cette passoire trop grande,
Je verse sans fin l’eau de mon amour,
Au risque de tout perdre. Comme l’Indien,
J’ai foi en mon erreur, j’adore
Le soleil qui baisse son regard sur son adorateur
Dont il ignore tout. Très chère dame,
Votre haine ne doit pas se retourner contre mon amour,
À cause de l’amour que vous éprouvez. Mais si vous-même,
Dont l’honneur vénérable rappelle la vertueuse jeunesse,
Avez jamais désiré chastement, et aimé tendrement, que votre
Diane
Se confonde à l’amour, Ô alors, ayez pitié
De celle dont l’état est tel qu’elle ne peut que choisir
De se porter vers ce qui va sûrement la perdre ;
Qui n’espère pas trouver l’objet de sa quête,
Mais qui, mystérieusement, comble doucement sa vie de ce
qui la tue.
Tout est bien qui finit bien, I, 3, 200-216.

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