Shakespeare

 


West Yorkshire Shakespeare Playhouse, 2010.

As You Like It 

Enter Corin and Touchstone.

CORIN. And how like you this shepherd’s life, Master Touchstone?

TOUCHSTONE. Truly, shepherd, in respect of itself, it is a good life, but in respect that it is a shepherd’s life, it is naught. In respect that it is solitary, I like it very well ; but in respect that it is private, it is a very vile life. Now in respect it is in the fields, it pleaseth me well ; but in respect it is not in the court, it is tedious. As it is a spare life, look you, it fits my humour well ; but as there is no more plenty in it, it goes much against my stomach. Hast any philosophy in thee, Shepherd ?

CORIN. No more, but that I know the more one sickens, the worse at ease he is, and that he that wants money, means, and content, is without three good friends ; that the property of rain is to wet, and fire to burn ; that good pasture makes fat sheep ; and that a great cause of the night is lack of the sun ; that he that hath learned no wit by nature nor art may complain of good breeding or comes of a very dull kindred.

 

CORIN. – Est-ce que cette vie de berger vous plaît, Maître Pierre de Touche ?

PIERRE de TOUCHE. – À vrai dire, berger, en soi, c’est une bonne vie… mais en tant que vie de berger, elle est nulle. Dans la mesure où elle est solitaire, cela me plaît bien… mais dans la mesure où elle est à l’écart de tout, c’est une vie de chien. Si l’on considère qu’elle se passe à la campagne, cela s’accorde à mes goûts … mais dans la mesure où on est loin de la cour, elle est ennuyeuse. Comme c’est une vie frugale, voyez-vous, elle convient à mon humeur… mais faute d’abondance, mon estomac y répugne. As-tu quelques notions de philosophie, berger ?

CORIN. – Je sais juste que plus on est malade, et moins on se sent bien ; que celui qui n’a ni argent, ni moyens, ni bien-être manquent de trois bons amis ; que le propre de la pluie est de mouiller, et que le propre du feu est de brûler ; que les bons pâturages rendent les brebis grasses ; que la cause principale de la nuit est le manque de soleil ; que celui à qui la nature n’a donné ni intelligence ni habileté peut se plaindre d’une mauvaise éducation, et qu’il sort d’une famille niaise.   

As You Like it, III, 2, 13-31.

 

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