Effet de panique
S’unir contre
Face à la déliquescence des principes et de la morale
(qu’on peut aussi qualifier de « progrès » de l’égoïsme), frissonnant
de peur devant l’inconnu, obsédés par leur soi-disant autonomie et leurs
petites différences, les individus, comme les peuples, choisissent de s’unir
contre plutôt que de s’unir tous ensemble.
Le réflexe est primitif, et nous sommes au XXIe siècle ! C’est
celui d’une meute menacée, que les temps de crise et d’incertitude amènent à
cette régression fatale.
Le jeu est
suicidaire. Les pauvres citoyens désemparés — et bien influencés par les infox, surtout russes — se jettent dans les bras de
leaders violents, convaincus que la violence des puissants les protégera. Les États
de l’Europe de l’Est ont déjà sombré. L’Italie, l’Autriche, les Pays-Bas,
bientôt la France sont près de faire de même. Cette attirance pour la violence
haineuse des chefs est comme un vertige ; les citoyens succombent à la
tentation de se jeter dans le gouffre.
S’unir contre
quoi ? Beaucoup avouent qu’ils veulent s’unir contre l’Occident.
Mais que ne voient-ils pas qu’ils sont en Occident ! Leur
culture, leur histoire, leurs modes de vie sont occidentales. Quant
aux pays « éloignés », ils sont déjà tellement occidentalisés qu’ils
ne s’en rendent même pas compte. L’aspect
autopunitif de ce comportement n’est pas le moins inquiétant. À ce point
d’aveuglement, il n’y a plus grand-chose à espérer de leur conscience.
Dans notre monde
qui se resserre, le besoin d’union, d’entente, d’amitié même, est énorme. Au
lieu de quoi, ils choisissent de se regrouper par petites
communautés, ajoutant ainsi un problème particulier au problème global. Comme
par un effet de panique, ils se jettent là où le danger est le
plus grand.


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