État de l’intelligence
L’I.A. et la poésie
« Celui qui vient au monde pour ne rien déranger ne mérite ni égard ni patience. »
Qu’en est-il de l’Intelligence Artificielle, cette grande rabâcheuse ? Quid de ChatGPT et ses consœurs en logorrhée consensuelle ? Comment sortirait-il une seule idée neuve, originale, c’est-à-dire une idée tout simplement, d’une machine mangeuse de statistiques ? Si, par hasard, elle s’aperçoit que « la terre est bleue comme une orange », elle renvoie Paul Éluard aux oubliettes.
La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne
mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929.

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