La mort en direct
Un sacrifice « moderne » (suite)
La mort du streameur en direct sur les réseaux
sociaux a été perçue par les médias, et par le public en général, dans
l’incompréhension la plus totale, comme s’il s’agissait d’une violence inédite,
inconnue jusque-là, alors que nous avons là la manifestation de la
« banalité du mal » dans toute sa matérialité. Mais nous ne
voulons pas voir le mal. Le vocabulaire des commentateurs est révélateur.
Ils parlent de « harcèlement » pour décrire des tortures morales et
physiques. Ils en appellent à des formes de « modération » alors
qu’il faudrait implorer un rétablissement de la morale. Et bien sûr, personne
ne prononce le mot « péché » ─ ce que pourtant la torture à mort d’un
être humain est fondamentalement ─, parce que le mot et la notion de
péché sont complètement sortis des consciences modernes. Ce déferlement de
méconnaissance est le signe de notre sidération devant la violence, et de notre
aveuglement volontaire devant une haine insupportable, comme aux commencements
de l’humanité. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur
du monde ! » déplorait Albert Camus. Où allons-nous ?

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