Que faire de nos ressemblances ?

 

 

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Le wokisme, l’indifférenciation et la logique inversée de la victime expiatoire

 

Olivier Klein, professeur d’économie, HEC

18 juillet 2025


« Le wokisme [est devenu] un compassionnalisme** mimétique ignorant de ses propres ressorts. Il désigne en nombre les victimes, les sacralise et les fige dans leur statut en les assignant à résidence. Il construit des hiérarchies inversées où la culpabilité écrase la responsabilité. Où l’identité remplace l’acte. Où le déterminisme absolu refuse la capacité d’évoluer et de changer de statut. Ayant mis à bas les barrières civilisationnelles à la violence mimétique, la nécessité de la victime expiatoire revient donc. Mais on ne sacrifie plus la victime pour sauver la communauté : on veut sacrifier le prétendu dominant, désigné par les nouveaux inquisiteurs, pour racheter une faute collective supposée. Les barrières s’affaissent et la logique sacrificielle perdure. »
 

** Je parle, pour ma part de victimisme, ou de pleurnichisme. 

Source : www.telos-eu.com 

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Cet article remarquable met en lumière la contradiction flagrante et dangereuse du wokisme qui, en voulant abolir les différences (au nom de la justice) n’aboutit qu’à l’indifférenciation et à la lutte de tous contre tous. C’est une régression de la pensée absolument ahurissante. Et le résultat de cet aveuglement est la gabegie générale dans laquelle le monde se trouve aujourd’hui. 

   Et pourtant, le wokisme pose une vraie question. Sa réponse est délirante, mais on ne peut ignorer la question posée : que faire de notre égalité ? Car il est clair que l’égalité reste l’une des valeurs les plus mordantes de notre civilisation ─ qui a détruit presque toutes les autres. Si mon prochain vaut autant que moi-même, est-ce que je ne disparais pas dans cette assertion ? La réponse est oui si l’on nie toutes les singularités des personnes. La réponse est non si l’on met en avant la singularité de chacun. Mais il semble difficile à beaucoup de gens de se penser unique, alors que nous sommes tous uniques. Nous cherchons partout les fausses réponses, obsédés que nous sommes par nos appartenances (culturelles, sexuelles ou autres)...

      ...Alors que nous était offerte

      La plus grande des découvertes :

      L’homme semblable et différent !

   L’expression est de Gilles Vigneault.

   Se réfugier dans son groupe (sa communauté) est un réflexe moutonnier bien naturel. Et ce sont les individus prétendument « autonomes » d’aujourd’hui, ceux que j’appelle les individus selfiques, qui courent se cacher dans ces grottes primitives : mon clan, ma tribu.

   La confusion de l’identité (« Je suis unique », ou « Je suis Je », ‘I am I’, dit Shakespeare) avec l’appartenance (« Je suis ma communauté ») est dramatique. Le slogan : « Respecte ma différence » est un appel à la comparaison, donc à la rivalité, à la confrontation. Quand en viendrons-nous à proclamer : « Respecte ma ressemblance » ? La « haine de l’autre » est une forme d’aveuglement fatale puisque l’autre est mon semblable absolument. « Il n’y a plus ni juif, ni grec, ni maître, ni esclave, etc. »

   Cette vision renversante, que l’humanité n’a pas encore assimilée, est entièrement inscrite dans le message de Jésus. Mais 2 000 ans pour comprendre, c’est peut-être un peu court.

 


* Étonnante image que celle du mouton. Il représente à la fois la grégarité et le suivisme imbécile ; et s’il est isolé, il devient l’agneau expiatoire, celui que l’on rejette. L’ambivalence du symbole illustre parfaitement la théorie 

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