Qui était Shakespeare ? 2/4
Tous les prétendants
Cette biographie est succincte : il faut dire qu’on n’en connaît pas beaucoup plus sur l’homme Shakespeare. On a recueilli beaucoup de témoignages de ses contemporains, mais on ignore son portrait. Celui qui est connu a été exécuté 7 ans après sa mort... Douze signatures à son nom demeurent. Elles sont toutes dans une orthographe différente. Il s’agit pourtant d’actes officiels. Comme son testament.
Tant d’inconnues nourrissent le fantasme : le grand génie n’a pas
existé ! C’était un prête-nom.
La légende a été montée de toutes pièces, au milieu du XIXe siècle, par
une certaine Delia Bacon (1811-1859), une riche Américaine, dérangée
mentalement, et grande admiratrice de Morse. Elle voyait des codes partout et
elle s’est imaginé qu’elle était la descendante de Francis Bacon, le poète et
philosophe contemporain de William Shakespeare. À force de décryptage et
à grand renfort d’imagination, elle a « conclu » que Bacon avait
aussi écrit les pièces de Shakespeare, et ses Sonnets ! Sa
« théorie » était simple : si on ne comprend rien à Shakespeare,
c’est parce qu’il y a un code caché dans ses textes... Et en cherchant bien,
sûre de ses intuitions, elle a trouvé ce qu’elle cherchait.
Cela ne serait pas grave si des grands noms comme Emerson, Hawthorne,
Whitman, Mark Twain, Freud... n’avaient approuvé la théorie. Elle fut rejetée
par Edgar Poe.
Depuis 150 ans, on ne compte pas moins de 80 candidats au poste du
« grand Barde » ! Les derniers en date sont Giovanni Florio
(1553-1625), traducteur, qui a probablement initié Shakespeare à Montaigne. Et
aussi Elizabeth Herbert, comtesse de Pembroke, poétesse et mère de William
Herbert (vous m’avez suivi : c’est le W.H. de Sonnets).
(à suivre)

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