L’IA générative
Un ego sans alter
« Qu’en est-il si la personne qu’on aime n’existe pas du tout ? »
Salman Rushdie
Personne ne saurait se suffire à soi-même.
Je ne tire pas « mon propre » de moi-même. Je ne possède pas mes
propres racines. Je nais littéralement vierge de toute culture. C’est dans mon
entourage, dans mes proches que je me cherche, c’est d’eux que finalement je
tire mon « image » et ma conscience. C’est par eux que je me
« construis ». De moi-même, je n’ai la preuve de rien. Je suis la
matière, ils sont la forme...
L’empathie représente « l’image de l’autre en soi ». C’est par
ce truchement que je me découvre. Pour se « connaître soi-même », il
faut commencer par reconnaître l’autre en soi. En somme, j’ai besoin de
l’autre pour être complètement moi-même. Dit autrement, je dois absolument
aimer mon prochain... comme moi-même !
Qu’advient-il si l’autre disparaît, ou quand il fait défaut, ou qu’il tient
mal son rôle. Le cas des orphelins laissés à l’abandon est
caractéristique : ils ne s’humanisent pas.
Qu’advient-il maintenant quand je ne dialogue qu’avec ma propre
image ? C’est le cas des « dialogues » avec ChatGPT et autre IA
conversationnelle (Bot). Ne faisant que renvoyer au demandeur que ce
qu’il a lui-même déposé dans sa demande, en boucle, dans un cercle fermé
infernal, il annihile tout ce que l’autre peut m’apporter,
c’est-à-dire toute espèce de nutriment mental, culturel, éducatif. Comme la
drogue, « converser » avec l’IA, c’est se consommer soi-même. C’est
flatteur… pendant un certain temps. C’est destructeur à terme. Les jeunes qui
sont friands de ces produits sont comme des papillons attirés par la lumière.
Ils s’y brûlent.

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