Quel sexisme ?
Ma paternité
« La maternité est une nécessité
biologique mais la paternité, une invention sociale. »
Margaret Mead (1901-1978)
L’anthropologue américaine était sans
doute une grande savante, mais elle véhiculait les idées reçues de son époque
comme des certitudes scientifiques. Élisabeth Badinter a montré, de son côté,
que le rôle de mère est tout sauf instinctif et qu’il y faut tout un
environnement culturel pour émerger. Eh bien, il en est de même pour les pères.
On ne naît pas macho, on le devient.
On s’étonne de moins en moins aujourd’hui de voir des papas affectueux,
mais il est vrai que dans les années 1970, je faisais figure d’exception. Pour
rien au monde j’aurais délaissé mon rôle de père, et mon bonheur a été de
pouvoir m’occuper de mes filles toutes petites. Le biberon, le bain, les soins
et les câlins me convenaient très bien. Et à la mère de mes enfants
aussi ! Nous avons toujours pensé qu’un enfant se faisait à deux, et je
n’ai pas cédé sur ma part.
Ma tâche a commencé dès leur naissance. J’ai adoré
« accoucher » ma deuxième fille. Nous étions seuls avec la maîtresse
sage-femme de l’hôpital de Saint-Louis du Sénégal. J’ai tenu mon rôle sans
défaillance.
J’ai toujours essayé d’être présent tout au long de leur éducation. Le
surnom de papa poule ne m’a pas dérangé. J’ai même eu mes deux filles en
classe, au lycée, et les choses se sont passé le mieux du monde ─ sauf pour
quelques rivales qui étaient jalouses de notre entente... Et ô merveille ─ mais
ça n’en est pas vraiment une ─, mes deux filles me le rendent bien,
aujourd’hui, au centuple.

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