Shakespeare

 

 

La mort d’Ophélie 

Queen Gertrude. There is a willow grows aslant a brook,
That shows his hoar leaves in the glassy stream ;
There with fantastic garlands did she come,
Of crow-flowers, nettles, daisies, and long purples,
That liberal shepherds give a grosser name,
But our cold maids do dead men’s fingers call them:
There, on the pendant boughs her coronet weeds
Clambering to hang, an envious sliver broke,
When down her weedy trophies and herself
Fell in the weeping brook. Her clothes spread wide,
And, mermaid-like, awhile they bore her up :
Which time she chanted snatches of old tunes,
As one incapable of her own distress,
Or like a creature native and indued
Unto that element : but long it could not be
Till that her garments, heavy with their drink,
Pull’d the poor wretch from her melodious lay
To muddy death.
 

LA REINE GERTRUDE. - Il y a un saule en travers d’un ruisseau

Qui reflète ses feuilles grises dans l’eau glacée du courant.

C’est là qu’elle est venue, portant des guirlandes hétéroclites faites

De renoncules, d’orties, de marguerites et de ces grandes fleurs pourpres 

Que les bergers licencieux nomment d’un nom plus grossier, 

Mais que nos prudes vierges appellent doigts d’hommes morts. 

Là, alors qu’elle grimpait pour suspendre sa couronne d’herbes sauvages 

Aux rameaux inclinés, une branche jalouse s’est cassée,

Et tous ses trophées agrestes sont tombés, avec elle,

Dans le ruisseau en pleurs. Ses vêtements se sont étalés, 

Et comme une ondine, ils l’ont soutenue un moment, 

Tandis qu’elle chantait des bribes de chansons anciennes, 

Comme insensible à sa propre détresse, 

Ou comme une créature qui se confondait naturellement

Avec cet élément. Mais cela n’a pas duré longtemps : 

Ses vêtements, alourdis par ce qu’ils avaient bu, 

Ont emporté la malheureuse et son chant mélodieux 

Dans la bourbe et la mort. 

Hamlet, IV, 7, 166-183.

 

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