En arrière toute !
Un visionnaire septuagénaire
M. Philippe
de Villiers voit loin. Il voit une France qui a disparu, une Europe (à laquelle
il ne croit pas) éliminée de la carte et de l’histoire. Son dernier essai, Populicide, est un brûlot. « Nous sommes en train de changer de peuplement, nous sommes en
train de changer d’art de vivre, de civilisation. Quand on tue un homme, cela s’appelle
un homicide et quand on tue un peuple, cela s’appelle un populicide »,
déclare-t-il. Tout excité d’avoir inventé un mot, il croit avoir conçu une
idée neuve. Las ! Rien n’est plus archaïque que sa pensée ! Rappelons
que la
Grande Muraille de Chine a commencé à être érigée au IIIe siècle
avant Jésus Christ. Elle était destinée à se protéger des Mongols, ou autres vandales.
Elle est toujours inachevée. « Quand on tue… », s’alarme-t-il. La
menace est lâchée. Il s’agit de la énième vision sacrificielle de l’Histoire.
Nous remontons là à l’origine des temps. Rien n’est plus vieux que cette
« vision ». Un nouveau sacrifice fondateur se prépare…
Quelle
drôle d’idée ! S’imaginer que les émigrés quittent tout, villages,
traditions, la terre où sont enterrés leurs aïeux, pour venir reconstituer chez
nous la civilisation qu’ils ont désertée. S’ils viennent chez nous, c’est
justement pour connaître autre chose, pour partager nos avantages, goûter à
notre aisance matérielle (qu’ils risquent d’attendre un peu), jouir de nos
libertés ! Fuir l’horreur, prendre tous les risques (y compris celui de
mourir en route), pour retrouver la même horreur à 10 000 km de chez soi, c’est
une folie qu’ils ne commettront jamais.
En
fait, M. Philippe Marie Jean
Joseph Le Jolis de Villiers de Saintignon, époux de Dominique de Buor de
Villeneuve, craint trop qu’on vienne remplacer le Puy du Fou par un centre de
pèlerinage islamique. Les hordes barbares vont déferler. Les émigrés déjà
installés leur préparent un accueil grandiose… Le cauchemar est en réalité une
farce.

Commentaires
Enregistrer un commentaire