Le grand vide
Influenceuse virtuelle : cherchez pas, elle existe pas.
Tous gogos
Les
nouvelles dans mon poste ou sur mon téléphone ont toutes les chances d’être
trafiquées. Qui prend la peine de « vérifier les faits », de
contrôler les provenances, de croiser les sources ? Les vidéos du deep
fake sont plus fausses que fausses. Elles sont « bluffantes », et
valorisées à ce titre. Les annonces téléphoniques que je reçois sont générées
par des machines qui ne risquent pas de répondre à mes questions. Et si elles
« répondent », c’est évidemment à côté, c’est n’importe quoi. Les
textes dégurgités par l’I.A. générative sont truqués. Les traductions
automatiques ne sont relues par aucun humain. Les musiques, les images qui
sortent des machines qui imitent l’intelligence ne sont que des produits
frelatés. Mon influenceuse super sexy sur Instagram n’existe pas. Au cinéma,
les effets spéciaux sont « invisibles » ─ ce qui est un comble pour des effets spéciaux ! Les plateformes web sont le royaume des hackers qui
y naviguent avec une telle facilité qu’on peut penser, sérieusement, que l’I.A.
a été conçue pour eux et pour leurs petits trafics juteux. C’est le royaume de
la prostitution, de la drogue, des ventes d’armes illicites, de l’esclavage
« moderne ». Utilisons un mot archaïque, pour une fois : c’est
le domaine de l’immoralité. Les ghostbots,
les bots fantômes, font parler les morts, et nos « chers disparus »
réapparaissent comme par miracle. Au secours, Jésus !
Tout ce qui serait un tout petit peu humain a été éliminé, considéré comme indésirable. La « crise du désir »* se répand comme une lèpre. Tout est faux.
All this
the world well knows, yet none knows well
To shun the heaven that leads men to
this hell.
Tout le monde sait ça, mais nul ne sait comment
On fuit ce paradis qui conduit à l’enfer.
Sonnet 129
* voir mon essai Crise du désir, L’Harmattan, 2021.

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