L’I.A. dégénérative
La fin du jugement
S’en remettre aux algorithmes :
quelle paresse ! Pour « savoir » quels sont mes centres
d’intérêt, pour « connaître » mes goûts, les réseaux sociaux,
les serveurs informatiques, ont recours à des algorithmes
« savants », dit-on — en fait de simples statistiques. Pour avoir
fait, récemment, une recherche brève sur le Coran en consultant quelques sites
sur Google et après avoir visionné trois vidéos sur YouTube, me voilà envahi de
« recommandations » sur l’Islam, une vidéo sur deux de YouTube étant
consacré à Mahomet, et tout à l’avenant. C’est ainsi que s’exerce le
« jugement » de l’Intelligence Artificielle, en l’occurrence, particulièrement
stupide. Le « calcul » de mes goûts étant purement comptable,
rien de ce qui appartient à mes désirs profonds, à mes passions intimes, à mon
identité propre, n’est accessible à la machine. Elle n’est qu’un tiroir-caisse.
Cela ne serait pas si grave s’il ne s’agissait que de harcèlement,
certes agaçant mais sans conséquence, du client lambda que je représente. Qu’en
est-il de l’usage de l’I.A. pour les « grandes causes » ? En
médecine, ou… pour faire la guerre ! Et que dire de cette intelligence
quand elle prétend rédiger un discours cohérent, « créer » un contenu
littéraire ? La même sottise sévit à grande échelle. Les productions de
ChatGPT, DeepSeek et autres concurrents ne sont que des rubans de conventions
déroulés au mètre, des kyrielles de clichés rabâchés, des banalités et des
stéréotypes mis bout à bout. Et les naïfs s’émerveillent. Il s’agit, ni plus ni
moins, d’un spectacle qui consiste à « animer la statue de la Bête de
telle façon que la statue de la Bête parle. » (Apocalypse de Jean
13,15). Pourquoi les naïfs sont-ils si admiratifs ? Tout simplement parce
que, dans ces platitudes, ils se reconnaissent. Miroir, mon beau miroir…

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