Mystère de l’incarnation

 

 

Corps sacré 

« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple de l’Esprit saint qui est en vous et vous vient de Dieu, et que vous ne vous appartenez pas ? »

Saint Paul, première lettre aux Corinthiens 6, 19) 

« Ce qui noue la relation entre Dieu et l’humain, c’est le corps (inventé par saint Jean, puis saint Paul qui parlent de ‘‘la chair’’). » Cette parole forte est de Stéphane Breton dans Qu’est-ce qu’un corps ? (2006). Avant de s’incarner, Dieu a donc incarné l’homme. Si l’homme est à Son image, c’est par son corps. Si Dieu ne s’était jamais incarné, l’homme n’aurait jamais été incarné. Stéphane Breton dit encore : « Dieu ne s’est pas incarné dans l’esprit. Non, Dieu s’est abîmé dans le corps. […] S’il n’y avait pas le corps, si le corps n’était pas tombé, comment pourrait-on savoir qu’il y a Dieu ? »

   Et Michel Serres de renchérir. « Quelle joie n’est pas une joie du corps ? Quelle activité n’est pas une activité du corps ? Quel amour n’est pas un amour du corps ? […] Jésus-Christ parle de son corps plus que de son âme : elle est cette gloire ou cette joie du corps que le christianisme annonce après la mort. » (Variations sur le corps, 2002.)

   Ceci est ce qu’on appelle le mystère de l’Incarnation. Non, nous ne nous appartenons pas. Notre corps est un don que nous avons reçu.

   Qu’avons-nous fait de cette merveille ? Au mieux le David de Michel-Ange, au pire Francis Bacon. Objet de culte ou d’expérience extrême. Au mieux un code génétique, au pire l’instrument d’un génocide. Au mieux, un ballet de Maurice Béjart, au pire un ballet de Pina Bausch.

 

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