Notes de lecture : Daniel Marguerat, Paul de Tarse

Daniel Marguerat, Paul de Tarse

 

3ème partie 

La grâce déborde tout. Il s’agit, dit Daniel Marguerat, « d’accepter d’être accepté par Dieu, en dépit du fait que l’on se sente inacceptable. C’est consentir à ce que l’amour dont Dieu nous aime soit plus grand et plus profond que notre refus de nous-même. » Pascal ne disait pas autre chose en faisant dire à Dieu : « Je t’aime plus ardemment que tu n’as aimé tes souillures. » (Pensées)

   Les 9 premières épîtres sont certainement de sa responsabilité, sinon de sa main. Les 5 autres sont ouvertement écrites par des disciples : Timothé, Tite, Philémon. Quant à l’épître si controversée dite « aux Hébreux », on en ignore l’auteur. Nous avons plus de « certitude » sur l’authenticité des premières épîtres de Paul que sur les Évangiles, dont le nom des auteurs ne correspond pas à des personnalités connues. Cela ne retire rien à la valeur extraordinaire du contenu des Évangiles ; cela prouve seulement que les auteurs n’ont pas écrit pour se faire connaître mais pour faire connaître Jésus.

   Malgré ses efforts pour constituer une unité autour du Christ, malgré ses lettres et ses voyages incessants, les sectes, les déviances se sont multipliées au cours du premier siècle. On connaît l’hérésie de Marcion, le gnosticisme, les ébionistes, les elkasaïtes, et une nébuleuse d’autres groupuscules concurrents. C’est merveille que le « christianisme » naissant n’ait pas implosé sous le choc des opinions et des croyances centrifuges… Comment, avec un support si mince ─ les Évangiles et les Épîtres ne forment pas un cursus énorme ─, le mouvement lancé à partir de la mort du Rabbi a-t-il tenu vingt siècles ? D’après ce qu’on peut supposer, très peu de gens ont « vu » Jésus après sa résurrection. Et la petite assemblée de Jérusalem qui se forme peu après sa disparition se dispute rapidement entre partisans de l’Ancien Testament et ceux favorables à la rupture avec les racines hébraïques. Le christianisme tient à peu de chose. Comme son inspirateur, il est la faiblesse même.

 

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