Sacrificiel
Vies sauvées
Autrefois, il n’y a pas si
longtemps, et encore aujourd’hui pour les esprits archaïques, la gloire se
« mesurait » à la somme de violence qu’on avait exercée. Voyez nos
pompeux généraux équestres statufiés sur les places publiques. Sabre levé, prêt
au massacre. Combien de Vendéens tués par Lazare Hoche et autres Conventionnels
de la Terreur ? Combien de places, de rues à la gloire du général
Hoche ? Et son nom gravé sur l’Arc de Triomphe !
Les Romains n’y allaient pas par quatre
chemins. De retour de ses campagnes militaires, le général victorieux avait
droit à un Triomphe. Il pouvait traverser Rome en traînant derrière lui les
prisonniers devenus ses esclaves. Il étalait le résultat de sa violence et en
tirait gloire. Et le peuple exultait.
C’est un peu ce qu’essayent de reproduire
Poutine, Xi et Kim avec leurs parades monstrueuses. Quand je vous dis qu’ils
sont d’un autre temps ! J’ai également des doutes sur le défilé du 14
juillet, chez nous, réminiscence de Valmy et autres hauts faits d’armes.
Face à cette misère, il y a les Justes.
Ceux qui, dans le silence et l’anonymat, ont sauvé des vies, permis à des
enfants d’échapper aux Nazis en France, de ne pas tomber aux mains des Turcs
pendant le génocide des Arméniens, combien au Rwanda ? C’est au nombre de ces
vies sauvées qu’on peut juger de
la victoire. Il n’y a là aucune trace de gloire, simplement un peu de
justice. Mais sur la base de quel décompte nous en convainquons-nous ?

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