Théorie mimétique
Vois comme je me cache bien
La contradiction fondamentale du voile
islamique intégral, noir de préférence, est qu’il montre ce qu’il veut cacher.
Sous nos climats, c’est une marque forte, qui ne passe pas inaperçue, mais qui
est censée dissimuler la femme. Évidemment, on ne voit plus ses traits, son
visage et son expression disparaissent, mais en même temps, quelle
ostentation ! Cela se fonde sur une idéologie de la honte, mais inversée.
La logique s’y perd. C’est peut-être le but recherché ?
Ce
comportement a à voir avec le « paradoxe de l’autonome » qui
consiste à dire : « vois comme je peux me passer de toi ». Car l’autonome, pour se sentir autonome, a
besoin qu’on le lui prouve. Jean-Jacques Rousseau avait ainsi démonté les
contradictions de l’amour-propre. En effet, dit-il, « l’amour-propre, qui se compare,
n’est jamais content et ne saurait l’être, parce que ce sentiment, en nous
préférant aux autres, exige aussi que les autres nous préfèrent à eux, ce qui
est impossible. » Cette impasse ne semble décourager personne, en tout cas
personne parmi la génération selfie.
En approfondissant le thème, on peut y apercevoir
un abyme, celui de la haine. L’ostentation peut aller jusqu’à une incitation à
se faire détester. Faute de pouvoir se faire aimer, ou simplement de se faire
accepter, on a au moins la satisfaction d’être bien rejeté. Il n’y a pas
d’égoïsme plus vicieux, ni plus malheureux.
Je ne suis pas loin de penser que « le
système de la mode » fonctionne selon le même principe. Avouons qu’une
grande partie de ce qu’on appelle aujourd’hui « la mode » est
hideuse. Elle est souvent dépenaillée, informe, agressive et triste (alors
qu’elle ne devrait être que séduction et attraction). Et que dire des
tatouages, piercings et autres scarifications qui ne sont pas d’un goût exquis,
c’est le moins qu’on puisse dire ?

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