Un peu plus bas dans l’échelle humaine
Les athlètes dopés
Les transhumanistes, les partisans de
« l’homme augmenté » (l’homme à prothèses) ont fait de nouveaux
adeptes grâce aux « Jeux améliorés », en anglais Enhanced Games,
des compétitions sportives où toutes les drogues sont permises. Rejetant les
avis de l’AMA (Agence Mondiale Antidopage), les supporters de ce nouveau genre
de « sport » ouvrent leurs portes aux recalés des Jeux Olympiques,
notamment le sprinter Fred Kerley, double médaillé olympique au 100 m, mais
suspendu actuellement pour dopage. Frustré de n’avoir pas battu le record d’Usain
Bolt avec le temps
de 9 s 58e, établi le 16 août 2009, il se
persuade de pouvoir faire mieux en étant dopé correctement. Il cherche à
« repousser [ses] limites et à devenir l’être humain le plus rapide qui
ait jamais existé ». Mais de quel humain s’agit-il ? Qui sera
homologué, une fois le record établi ? L’athlète ou le laboratoire
pharmaceutique qui lui procure ses produits dopants ? Quel héros veut-il
devenir ? En son temps, Jacques Anquetil, adulé pour ses cinq victoires
consécutives au Tour de France, a reconnu s’être dopé. Il est mort à 53 ans.
C’est l’image même du saint martyr, mort jeune pour la cause. Sauf que sa « cause »
n’était que de battre Poulidor, comme Kerley veut battre Bolt. Il s’agit de
mimétisme morbide, d’une rivalité guerrière qui n’a plus grand-chose à voir
avec le sport, où le vainqueur ne vient plus serrer la main du vaincu, montrant
que chacun a un mérite égal.
Le fin
mot de l’histoire, c’est que ces jeux truqués vont rapporter gros, aux
organisateurs, aux laboratoires et aux athlètes aussi. Voilà la queue du diable
qui apparaît : c’est l’argent ! Il ne se cachait pas bien loin… « Le diable
l’emmène encore sur une très haute montagne ; il lui montre tous les
royaumes du monde avec leur gloire et lui dit : ‘‘ Tout cela je te le
donnerai, si tu te prosternes et m’adores. ’’ » (Matthieu 4, 8-9)

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