Bouc émissaire

 

 

Internationale de la haine 

La haine est souvent l’unique combustible du désir (au sens de « ce qui nous pousse à l’action »). Cela n’a jamais changé « depuis la fondation du monde », à la différence près que le monde désormais est tout petit et que par effet cumulatif, la haine des uns entretient la haine des autres.

   La haine est ce qui pousse à la guerre. C’est moins l’honneur de la patrie qui a motivé les piou-pious de 1914 que la haine du Boche. En face, la haine des Français était de même nature.

   À part quelques aberrations archaïques comme les guerres en Ukraine ou à Gaza, qui ressemblent à des conquêtes de territoire, il n’y a plus de territoire physique à gagner aujourd’hui. Le Groenland, peut-être ? Il y a par contre des territoires psychologiques à conquérir et c’est à cette guerre-là que les islamistes, attisés par les Frères musulmans et autres confréries, s’adonnent avec un certain succès. Ils font peu de dégâts. Les morts par attentats dans les pays occidentaux sont dérisoirement faibles par rapport aux accidents de la route. Pourtant, la peur du terroriste demeure et elle est disproportionnée dans nos esprits. Quant aux adeptes recrutés selon ces méthodes violentes, leur nombre est dérisoirement faible.

   Enfin, la nouveauté majeure de cette guerre hybride est qu’elle est tournée, presque exclusivement, contre l’Occident. Cette haine de l’Occident rassemble les Chinois avec les djihadistes, les ex-colonisés avec les néo-immigrés.

   René Girard avait prévenu que le dernier bouc émissaire serait l’Occident christianisé. Paradoxe, ironie ou fléau, c’est l’Occident chrétien qui a révélé le mécanisme victimaire et c’est contre lui que ce mécanisme se retourne. C’est aussi l’indice que notre Occident christianisé contient et révèle une vérité insupportable à tout le monde. En termes sacrificiels, cela s’appelle « payer le prix » de la vérité.

 

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