Conversion

 

 

Les retournements singuliers 

De l’Ancien Testament au Nouveau, les « retournements de sens » sont innombrables et surprenants. Dans l’Ancien Testament, les retournements révélateurs sont déjà nombreux, mais ils sont encore « maladroits ». Ils annoncent la formidable révolution que Jésus rendra explicite : les méchants ne sont jamais justifiés, la force est toujours mauvaise. À la loi du Talion Jésus substitue l’absence de représailles, la réconciliation, le pardon mutuel. L’ébauche de cette « inversion » (ou changement de sens) dans l’Ancien Testament est amorcée, mais « la Loi » n’était pas encore « accomplie », comme elle l’est avec Jésus. Le Jugement de Salomon « annonce » La femme adultère. Le Nouveau Testament est donc, à la fois, le prolongement de l’Ancien et son retournement complet.

   Parmi les retournements singuliers, il y a celui de l’antique crainte de Dieu ─ « alors tu comprendras ce qu’est la crainte du SEIGNEUR, tu trouveras la connaissance de Dieu » (Proverbes 2, 5). Cette crainte (commune à bien des religions) est complètement retournée en amour de Dieu. Dieu ne « s’attend » pas à être craint, mais à être aimé. Quand il a terminé sa mission, après sa résurrection, Jésus n’a de cesse de répéter à ces disciples : « M’aimez-vous ? » C’est la dernière parole qu’il adresse à Jean : « Il lui dit pour la troisième fois, ‘‘Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?’’ » (Jean 21, 17). Puis, il se tait. Cette inversion, de la crainte à l’amour, est vraiment la plus belle, et elle est irrévocable. Les « religieux » compliquent toujours tout avec leurs préceptes, leurs commandements, leurs interdits, leurs mystères, ils embrouillent tout avec leurs commentaires ─ comme autant de paravents devant la Vérité ─, alors que Jésus réduit l’intégralité de son message à : « m’aimes-tu ? » C’est tellement simple que seuls les enfants peuvent comprendre cela !

 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La violence instituée

Éducation

La violence et le sacré