La COP, mon œil !
La Chine et les Émirats arabes unis
parmi les bénéficiaires des fonds climat destinés aux pays pauvres
Après une première semaine de négociations à la COP30
à Belém au Brésil, c’est l’heure pour les délégués de tirer un premier bilan d’étape.
Parmi les sujets prioritaires : l’amélioration des flux financiers des pays
riches vers les pays pauvres pour renforcer leur résilience face au changement
climatique. Selon une enquête des médias britanniques The Guardian et
Carbon Brief, ces fonds climat ne bénéficient pas toujours aux pays qui en
auraient le plus besoin.
En 2009, lors de la COP15 à Copenhague, les pays riches s’étaient
accordés à mobiliser chaque année 100 milliards de dollars jusqu’en
2020 pour aider les pays en développement à faire face aux effets du changement climatique. Ces États industrialisés
reconnaissaient ainsi leur plus grande responsabilité dans le réchauffement
planétaire et leur plus grande capacité à financer des solutions, par rapport à
des pays à moindre revenu.
Mais ce n’est qu’en 2022 que ce chiffre de
100 milliards de dollars par an en financements climatiques a été effectivement
atteint. Le quotidien britannique Guardian et le média
en ligne Carbon Brief ont analysé des
documents envoyés à l’ONU et les données de l’Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE) datant de 2021
et 2022 concernant ces flux financiers des pays riches vers les pays en
développement. Et certains résultats ont de quoi surprendre.
Les principaux bénéficiaires du financement
international pour le climat ont été les pays à revenu intermédiaires, comme l’Égypte, les Philippines ou le Brésil. Avec 14,1 milliards de dollars sur les deux années
en question, l’Inde fait de loin la course en tête. Mais certains pays à revenu
élevé font également partie des bénéficiaires : la Chine a ainsi
reçu 3 milliards de dollars de financements climatiques en 2021 et 2022,
principalement de banques multilatérales. Les Émirats arabes unis, eux, ont reçu plus d’un milliard
de dollars du Japon.
Sur cette même période, en revanche, seulement un cinquième des fonds
alloués a été versé aux 44 pays les plus pauvres du monde, et la plupart sous
forme de prêts plutôt que de subventions. Pour le Bangladesh et l’Angola par exemple, la part des
prêts atteint même 95% des fonds climat perçus.
Ces chiffres révélés par l’analyse du Guardian et de
Carbon Brief illustrent deux problèmes fondamentaux. Premièrement : la
composition du groupe des pays en développement n’a pas changé depuis sa
création par l’ONU en 1992. Or, des pays comme la Chine ou les États du
Golfe, considérés comme faisant partie de ce groupe, ont depuis connu des
essors économiques fulgurants.
Deuxièmement : la distribution de la majeure partie des fonds
climat n’est soumise à aucun contrôle centralisé. La plupart des pays
riches financent des actions climatiques dans les pays pauvres de manière
bilatérale ou par l’intermédiaire de banques de développement. Et ce sont
parfois les intérêts politiques qui décident des bénéficiaires.
Selon l’ONU, un changement du système
financier mondial est donc urgent.
Source : rfi

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