Shakespeare
Proclamation d’indépendance des femmes
La Princesse de France et ses servantes, dans Love’s Labour’s Lost, s’opposent aux hommes vaniteux !
Princess. We have receiv’d your letters full of love
;
Your favours, the ambassadors of love
;
And in our maiden council, rated them
At courtship, pleasant jest, and courtesy,
As bombast and as lining to the time.
But more devout than this, in our respects,
Have we not been
; and therefore met your loves
In their own fashion, like a merriment.
[…]
No, no, my lord, your Grace is perjur’d much,
Full of dear guiltiness, and therefore this.
—
If for my love
(as there is no such cause)
You will do aught, this shall you do for me
:
Your oath I will not trust, but go with speed.
To some forlorn and naked hermitage,
Remote from all the pleasures of the world.
There stay, until the twelve celestial signs
Have brought about the annual reckoning.
If this austere insociable life
Change not your offer made in heat of blood
;
If frosts and fasts, hard lodging, and thin weeds
Nip not the gaudy blossoms of your love,
But that it bear this trial, and last love
;
Then, at the expiration of the year,
Come challenge me, challenge me by these deserts,
⌜She takes his hand.⌝
And by this virgin palm now kissing thine,
I will be thine.
[…]
If this thou do deny, let our hands part,
Neither entitled in the other’s heart.
LA PRINCESSE. – Nous avons reçu vos lettres pleines
d’amour ;
Vos cadeaux, comme ambassadeurs de l’amour ;
Et dans notre conseil virginal, nous n’y avons vu
Que de la galanterie, un humour plaisant, et de la
courtoisie
Ronflante, propres à notre époque.
Mais quant à nous, nous ne sommes pas
Plus enflammées que cela. C’est pourquoi nous avons
accueilli vos
sentiments
Pour ce qu’ils étaient, c’est-à-dire du badinage.
[…]
Non, monseigneur, votre Grâce s’est lourdement parjurée
Et vous vous êtes rendue chèrement coupable… En
conséquence !
Si pour l’amour de moi (apparemment sans motif),
Vous voulez vous engager, voici ce que vous allez
faire !
Je ne me fie pas à votre serment. Alors retirez-vous sans
attendre
Dans quelque ermitage loin de tout,
Bien éloigné des plaisirs du monde.
Et restez-y jusqu’à ce que les douze signes du ciel
Aient accompli leur compte annuel.
Si cette vie austère et insociable
Ne change rien à votre offre faite sous le feu de l’ardeur,
Si ni le gel ni le jeûne, le logement inconfortable, la
nourriture
frugale
Ne détériorent l’élan éclatant de votre amour ;
S’il résiste à cette épreuve et demeure de l’amour,
Alors, à l’expiration de l’année,
Venez me braver et me faire face avec tous vos mérites,
Et par cette main virginale qui ici étreint la tienne,
Je serai à toi.
[...]
Si tu me
refuses ceci, que nos mains se détachent
Et que nos
cœurs renoncent l’un à l’autre !
V, 2, 767-802.

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