Crise du désir
Nos
« libertés »
Nous avons longtemps rêvé de la liberté. Nous avons fait la révolution
pour elle : « la liberté ou la mort ! » Nous avons écrit
son nom sur les cahiers d’écolier, sur le sable,
sur la neige, sur toutes les pages blanches… Nos démocraties nous en proposent davantage tous les jours, sous forme de
droits, d’acquis, de permissions, de désinhibitions, de déréglementations. Et
notre bulle d’égoïsme gonfle comme une montgolfière ─ très fière.
Voilà à présent que le goût se
dilue, que le désir flanche, que la motivation s’amollit, que le sel perd sa
saveur. L’ennui nous guette. Il n’y aura bientôt plus de terres à conquérir.
L’horizon est morne. Et ce que nous avons gagné, nous l’avons si mal
partagé !
« Il n’est de joie que dans la conquête », avait
compris Shakespeare (Troïlus et Cressida).

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