La longue histoire du christianisme
La Pentecôte, par
Jean Restout (1692-1768)
Jésus : mon approche
Pour tenter de comprendre « le
phénomène Jésus », j’ai écarté, pulvérisé, toutes les interprétations
antérieures, et je me suis demandé avec lui : « Qui dit-on que je
suis ? ». Ce « on » est redoutable. Depuis vingt siècles,
il n’y a que « on » qui parle, et « on » se croit plein
d’autorité. D’une certaine manière, Jésus a passé son temps à essayer de
corriger sa « mauvaise image », comme « on » dit
aujourd’hui. Il savait que cela ne se ferait pas de son vivant, et qu’il allait
même payer de sa personne l’incompréhension des hommes.
Rendu à ce point, on peut dire que le christianisme est la longue
histoire de ses mauvaises interprétations, une histoire de malentendus plus
ou moins malveillants, l’histoire navrante des décodages avortés ou truqués.
Jésus n’avait-il donc pas laissé un bon mode d’emploi ? Bien sûr
que si. Mais il savait aussi que celui-ci serait ignoré ad vitam aeternam.
On peut ainsi dire que la critique du christianisme est encore du
christianisme. Ceci n’est pas une « récupération » de ma part, c’est
la seule explication logique (la seule, peut-être) de l’immense ratage qu’est
le christianisme. Et en même temps de sa pérennité.
Reste
une question brûlante. De quel droit puis-je moi, même pas un
« clerc », avancer mon hypothèse ? N’est-elle pas, comme les
autres commentaires, une affabulation, un délire, une « explication à tout
prix », parce que le manque d’explication nous fait peur, comme le
vide ? Ici, je dois me justifier. Je ne suis pas parti de mes
préjugés, ce sont plutôt des « postjugés » qui m’ont amené à mes
timides convictions. Le message de Jésus est tout sauf un catalogue de recettes
(préceptes, règles, etc.). Il est plutôt un véritable brûlot dévastateur qui rase
tout sur son passage, qui bouleverse tout (physiquement et moralement), qui
inverse toutes les certitudes. Ses recommandations, comme « va te
réconcilier avec celui qui a un grief contre toi », sont presque
impossibles à mettre en pratique. Mais une fois qu’on les a comprises, on se
dit qu’il est impossible de ne pas essayer de les mettre en pratique. Cela
n’est pas ce qu’on appelle une « religion consolante », ou
« rassurante », ce n’est même pas une religion du tout.
Autrement dit, même en possession du mode d’emploi, on n’est
jamais sorti d’affaire avec Jésus. Je dirai même surtout avec le mode
d’emploi. C’est pourquoi la Révélation, le moment où les disciples ont
enfin compris de quoi il s’agissait, le jour de la Pentecôte, est décrite comme
un orage, avec éclairs et tonnerre, langues de feu et tout le tremblement. Comme
« récit », il n’y a rien de plus juste.
En
me lançant dans cette approche plutôt « littéraire » donc, je ne
savais pas si j’arriverais à une « conclusion ». Je pouvais encore
moins deviner que cette « conclusion » serait si improbable, puisque
ce n’est pas une conclusion, c’est littéralement une Introduction.

Commentaires
Enregistrer un commentaire