Poésie
Je garderai tout bas les notes de musique
Les aiguës et les basses dans un seul chant lyrique
Il faut pour consoler le pouvoir de chanter
La vie dans ses reflets, la vie sous les graviers
Je marche au bout du jour, retenant les refrains
De ces amours perdus cachés dans le lointain
Les pas démesurés livrant tous leurs secrets
Chahutant au damier des espoirs envolés
Si la musique est blême, si le chant est bohème
C’est qu’il faut libérer un à un tous les thèmes
En noir ou en grisé, en lueur éclairée,
Sans jamais s’arrêter, même sur les pires regrets
L'amour est-il faveur ou triste déshonneur
Quand il brigue les cœurs, l’âme écorchée de pleurs
Une à une brisées, les notes tombant aux pieds
Des solfèges effacés, dans l’air séquestrées
Je garderai tout bas le son de ces reliques
Ces mémoires gardées au fond des sabliers
Ces rêves disparus dont les traces sismiques
Ensevelissent le temps dans un chant lénifiant
Muriel Odoyer, 25/10/2025
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