Shakespeare
Les adieux de Pandare
(épilogue de Troïlus et Cressida)
Pandarus. Good traders in the flesh, set this in your painted
cloths :
As many as be here of panders’ hall,
Your eyes, half out, weep out at Pandar’s fall
;
Or, if you cannot weep, yet give some groans,
Though not for me, yet for your aching bones.
Brethren and sisters of the hold-door trade,
Some two months hence my will shall here be made.
It should be now, but that my fear is this,
―
Some gallèd goose of Winchester would hiss.
Till then I’ll sweat and seek about for eases,
And at that time bequeath you my diseases.
PANDARE. – Bons trafiquants de la chair, inscrivez ceci sur
vos enseignes :
Vous tous qui appartenez à la confrérie des pandares,
Pleurez, de vos yeux dévorés par la vérole, la chute de
Pandare.
Ou, si vous ne pouvez plus pleurer, allez-y de quelques
lamentations,
Non
pas pour moi, mais pour vos os qui vous font souffrir.
Frères
et sœurs entremetteurs,
Il
ne me faudra pas deux mois pour dresser mon testament.
Je
le ferais bien tout de suite si je ne craignais
D’être
sifflé par cette vieille oie déplumée de Winchester*.
En
attendant, je vais suer pour essayer de me soulager**,
Avant
de vous abandonner mes maladies.
*
Expression qui désigne une prostituée ; ‘galled’ veut dire « écorchée
par le frottement ».
**
La sudation était l’unique remède, à l’époque de Shakespeare, pour soigner le
« mal français ».
Troilus et Cressida, V, 11, 46-55.

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