Médias
Faire-parts de deuils
La
litanie quotidienne des journaux radiophoniques, télévisés, ou sur les réseaux,
est la répétition fatigante (et sans intérêt) des morts survenus sur la planète
dans les dernières vingt-quatre heures. Un incendie dans une discothèque en Suisse.
Un règlement de compte dans les rues de Marseille. Une fusillade à
Johannesburg. Un éboulement de terrain aux Philippines. Un tremblement de terre
en Afghanistan. Une famine au Soudan… Nous donne-t-on une explication ?
L’analyse des faits nous éclaire-t-elle sur l’événement ? Rien de tout
cela. C’est la mort, la mort, toujours recommencée. Les annonces sont lues par
des journalistes indifférents qui gardent le même ton pour ces chroniques
morbides que pour les prévisions météorologiques. Tous ces morts existent-ils vraiment ?
Il semble que non. Ce n’est pas la perte de leur vie qui intéresse les amateurs
de désordres, ce sont les statistiques. Thanatos a-t-il eu son content de chair
fraîche aujourd’hui ?

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