Parution Dernière
Traduire, c’est toujours trahir. C’est la
faute originelle de toute traduction. Que dire alors d’une traduction en prose
d’un texte écrit originellement en vers ? La poésie, et encore plus celle
de Shakespeare, est faite pour être dite, et surtout entendue. La prose, même
poétique, doit être reçue dans le silence. De la poésie à la prose, nous ne
changeons pas seulement de « registre », nous basculons dans un autre
univers.
Il s’est agi pour moi d’une réinterprétation totale, d’une réécriture,
je dirais : d’une mise en scène toute nouvelle. Pourquoi, dans ces
conditions, ne pas essayer le « vers libre » ? C’est un peu
ce que j’ai tenté de faire, tout en respectant scrupuleusement la composition
de chaque sonnet.
Je ne cache pas que, pour la version définitive, je me suis inspiré du « verset claudélien », comme il est utilisé par Paul Claudel, notamment dans Tête d’Or. L’écriture de Claudel ressemble, à bien des égards, à celle de Shakespeare, par son lyrisme, ses « périodes » longues, son foisonnement de mots, et la passion qui sous-tend le discours. J’avoue l’audace que j’ai prise de m’être mis sous le double patronage de Shakespeare et de Claudel, mais l’œuvre est tellement immense qu’il me fallait des maîtres de cette envergure pour parvenir à mes fins.
Éditions de l’Harmattan :
https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/les-deux-guillaume/80648

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