Dématérialisation

 

 

Désincarnation 

« On » a prétendu qu’on allait sauver la planète en dématérialisant tous les documents qui nous encombrent. « On » a aussi chanté la nouvelle « société de services » et « on » a, par la même occasion, dématérialisé les prestataires. Si je veux des renseignements auprès de la Poste ─ mais il n’y a pas que la Poste ─, je tombe sur une interlocutrice virtuelle, le genre bot qui me parle et « répond » à mes questions. Il s’agit d’IA dans une application concrète.

   La voix est débile. Les questions sont réduites à des formules d’une simplicité accablante. Pour arriver à une demande nuancée, il faut passer par un tas de filtres binaires (questions Oui-Non), puisque le bot ne comprend pas une subordonnée, encore moins une concessive… Au bout de cinq minutes, « la voix » vous remercie sans que vous sachiez exactement de quoi. A-t-elle « compris » votre demande ? Quelle suite compte-t-elle donner à votre requête ? Oh, là ! voilà que cela devient compliqué… En attendant, vous avez été soumis à la mécanique lourdaude d’une IA obtuse.

   La voix est mal imitée : il n’y a pas une seule intonation vraiment « humaine ». En fait de service, c’est vous qui êtes au service d’une machine qui n’est pas au point. C’est exaspérant. C’est désespérant. Et « on » veut généraliser ce système abêtissant ?


 

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