Révision

  


L’échec des Lumières 

La grande révolution des Lumières, révolution de la pensée en premier lieu, a consisté à se débarrasser de Dieu comme explication de l’univers. Les révolutionnaires ont élevé un Temple à la Raison et ils se sont auto-admirés. La science a découvert qu’elle pouvait tout expliquer toute seule. De fait, elle a formidablement maîtrisé la matière, et ses avancées continuent. Grâce à l’énergie libérée par le capitalisme matérialiste, les hommes ont accompli d’extraordinaires performances, qu’ils ont appelées « le Progrès ». Après 250 ans d’expérience, l’heure est au bilan.

   Il ne fait pas de doute que le confort, pour certains, s’est accru. La santé a incroyablement progressé pour les mêmes chanceux. Et pour un petit nombre de privilégiés, la liberté d’expression est garantie comme jamais dans l’histoire de l’humanité.

   Cela s’est accompagné d’une destruction systématique de la planète qu’il aurait été intelligent de protéger. La richesse a été très mal répartie. La parole n’est libre que dans quelques régions du monde. Et là où elle est libre, elle s’est elle-même brisée sur les mensonges, l’infox et la malveillance généralisées. Quant à l’argument que nous pourrions, tout seuls, gérer « nos intérêts » au mieux, il s’avère vide de sens. Quel est « l’intérêt » des guerres, des tortures, des censures de toutes sortes ? Avons-nous retiré un peu de malheur aux malheureux humains ? Avons-nous fait mieux que le Créateur ?

   Sûrement pas. D’où vient la faille ? Elle vient de l’erreur originelle d’avoir cru que Dieu ne nous avait pas laissés libres. Or, nous l’avons toujours été. Dieu a toujours été le grand absent des préoccupations humaines. Les humains se sont toujours chargés de parler à sa place et de dire n’importe quoi. En somme, en se « libérant » du Dieu chrétien, les hommes des Lumières, et leurs héritiers, ne se sont affranchis de rien. Pis que cela, en dévalorisant le sacré, en abolissant tout jugement transcendant, ils sont retombés dans les pires pratiques archaïques, et les rivalités sans arbitre. Ce n’est pas de Dieu qu’il fallait se débarrasser, mais de la violence et du sacrifice.

 

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